Quatre cents millions de dollars par an. C’est ce que Starbucks paie en licences logicielles à des tiers — des systèmes de caisse aux plateformes de gestion de la supply chain, en passant par les outils de fidélisation client. Ce chiffre, révélé dans le contexte de la stratégie tech de la chaîne, pose une question simple : combien de cet argent Starbucks pourrait-elle récupérer en développant ses propres outils avec l’IA ?

Le problème des logiciels externalisés à grande échelle

Pour une chaîne de la taille de Starbucks — plus de 35 000 points de vente dans le monde — chaque centime de coût opérationnel multiplié par le nombre d’établissements devient un poste budgétaire significatif. Les 400 millions de dollars annuels en logiciels représentent des décennies d’accumulation de contrats avec des éditeurs : Oracle, SAP, des fournisseurs de POS (point of sale), des plateformes de planification des équipes, des systèmes d’inventaire.

Le problème de cette approche : les logiciels génériques ne sont jamais parfaitement adaptés aux spécificités d’une chaîne comme Starbucks. Chaque personnalisation est coûteuse, chaque mise à jour est risquée, et la dépendance à des éditeurs tiers signifie que Starbucks n’a pas le contrôle total de son stack technologique.

L’IA comme levier de développement interne

La stratégie que Starbucks explore : utiliser des outils d’IA générative (notamment des LLMs et des outils de génération de code) pour développer en interne des applications qui remplacent progressivement des licences achetées à l’extérieur. C’est ce que des entreprises comme Amazon, Walmart et Target ont initié depuis plusieurs années — construire de la technologie propriétaire plutôt que de louer à des tiers.

L’IA accélère la faisabilité de cette approche en réduisant drastiquement le coût et le temps de développement. Une équipe d’ingénieurs assistés par des outils LLM peut développer des outils fonctionnels en quelques semaines là où des cycles de développement traditionnels prenaientt des mois ou des années.

Ce que ça change pour Starbucks

Si Starbucks réussit à internaliser même une fraction de ses dépenses logicielles, l’impact sur les marges opérationnelles peut être significatif à moyen terme. Mais le vrai gain n’est pas seulement financier : c’est l’agilité. Des outils propriétaires peuvent être adaptés en temps réel aux décisions stratégiques — lancer un nouveau programme de fidélité, tester un nouveau format de point de vente, adapter l’expérience client à une région spécifique — sans attendre le cycle de release d’un éditeur tiers.

C’est un pari sur la compétence technologique interne d’une entreprise de food-retail. Et dans un secteur où l’expérience client est de plus en plus médiatisée par le digital, c’est un pari qui mérite d’être pris.