“Refuser signifie que vos données seront supprimées.” Une formulation comme celle-là dans une application de santé, ça provoque de la panique — même si ce n’est pas exactement ce que ça veut dire.

Ce que la mise à jour 7.00 a demandé aux utilisateurs

Avec Samsung Health v7.00.5.009, les utilisateurs ont reçu un dialogue leur demandant de consentir au partage de quatre catégories de données : santé et bien-être général, médicaments, dossiers médicaux, et cycle menstruel. Le dialogue indiquait que refuser entraînerait la suppression de ces données.

Problème : la formulation ne précisait pas de quelles données il s’agissait, ni à quelle fin le partage était demandé. Pour un utilisateur qui suit sa santé depuis des années dans l’application, lire “vos données seront supprimées” est suffisamment alarmant pour provoquer une réaction immédiate — et c’est ce qui s’est passé sur les forums et réseaux sociaux.

Ce que Samsung a précisé après la confusion

Samsung a confirmé après coup que le dialogue concernait uniquement les données utilisées pour l’entraînement de ses modèles d’IA — pas les données de suivi personnel stockées localement ou dans le compte Samsung. En d’autres termes : refuser le partage pour l’entraînement IA ne supprime pas votre historique de santé. Votre fréquence cardiaque, vos pas, votre sommeil, vos données de cycle — tout ça reste intact.

Ce que Samsung supprime en cas de refus, c’est la copie de ces données qu’il aurait utilisée pour améliorer ses algorithmes d’IA de santé. Une distinction réelle, mais que le dialogue original ne rendait pas claire.

Le problème de confiance que cette histoire révèle

Cette confusion n’est pas un accident de communication isolé. Elle illustre un problème structurel dans la façon dont les entreprises tech communiquent sur leurs pratiques de données : le consentement éclairé est souvent sacrifié au profit d’une formulation générique qui maximise les acceptations ou minimise les questions.

Samsung n’est pas un cas exceptionnel — Meta, Google, Apple ont tous traversé des épisodes similaires. Mais dans le domaine de la santé, le niveau d’exigence est plus élevé : les données de cycle menstruel, d’état de santé ou de médicaments sont parmi les plus sensibles qu’un utilisateur partage avec une application.

La question qui reste ouverte : combien d’utilisateurs ont refusé le partage sans comprendre qu’ils ne perdaient en réalité rien de leur suivi personnel ? Et combien ont accepté sans vraiment savoir pourquoi leurs données de santé allaient servir à entraîner des modèles ?