Il y a deux ans, Zuckerberg était la cible préférée de Wall Street — l’homme qui avait brûlé des milliards dans le métavers. Aujourd’hui, les investisseurs sont invités à le regarder différemment. Et ils semblent disposés à le faire.

Meta a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026 avec une dynamique que le marché a saluée comme un signal positif majeur. La publication qualifiée de “major boost” par plusieurs analystes indique que la transformation stratégique de Zuckerberg est en train de produire des effets visibles sur les métriques qui comptent pour les investisseurs institutionnels.

L’IA comme récit de croissance

Ce que Zuckerberg a réussi à faire — et c’est là le vrai exploit de communication — c’est de repositionner Meta comme une entreprise d’infrastructure IA plutôt que comme un réseau social en difficulté. Les dépenses massives en GPU, le déploiement de Llama en open source, les modèles intégrés à WhatsApp et Instagram : tout ça a finalement commencé à s’articuler en récit de croissance cohérent.

Les investisseurs ne paient pas des multiples élevés pour les réseaux sociaux. Ils en paient pour l’IA. En 2026, Meta est les deux — et c’est le changement de perception que Zuckerberg a tenté de conduire depuis deux ans.

La discipline de coûts a tenu

L’autre élément qui explique la réaction positive du marché est plus prosaïque : Meta a maintenu une rigueur opérationnelle sur ses coûts même en augmentant ses investissements en IA. C’est rare. Les grandes tech en mode “AI transition” ont souvent vu leurs dépenses partir dans tous les sens.

Ici, la “year of efficiency” de 2023 a laissé des fondations. Les restructurations difficiles ont eu lieu. Le résultat est une structure de coûts qui permet à Meta d’augmenter ses dépenses en capital (datacenter, GPU) sans détruire ses marges.

Ce que ça ne dit pas encore

Le point de vigilance est la dépendance aux revenus publicitaires. Meta reste massivement exposée à la publicité numérique — un marché cyclique, sensible aux récessions économiques et de plus en plus concurrencé par des formats nouveaux (les achats in-app TikTok, YouTube, les plateformes asiatiques).

L’IA générative intégrée dans Facebook et Instagram peut booster l’engagement et les revenus publicitaires à court terme. Mais la vraie question de long terme — savoir si Meta peut monétiser directement ses modèles IA au-delà de la publicité — reste ouverte.

Zuckerberg a convaincu les investisseurs ce trimestre. L’enjeu du suivant sera de prouver que ce n’était pas un coup.